Les politiques publiques économiques locales sont à un tournant. Classiquement orientées vers l’attractivité, l’innovation, la création d’entreprises, d’emplois et de richesses, elles font face à un triple changement de paradigme. D’abord, le dérèglement climatique et la demande démocratique imposent de repenser les objectifs poursuivis : la croissance n’est plus une fin en soi, son contenu, ses modalités et ses impacts sont questionnés.
 
Ensuite, l’épidémie de COVID-19 a mis en exergue les faibles capacités de résilience des tissus économiques urbains : numérisation inégale, approvisionnements logistiques trop complexes et lointains, perte du savoir-faire... Enfin, la crise économique et sociale qui monte s’annonce comme la plus forte connue en Europe depuis des décennies. Elle va fragiliser des pans entiers de nos économies, depuis le commerce de proximité jusqu’à l’industrie de pointe.
 
Fragilisés également du point de vue financier, les territoires urbains n’en sont pas moins en première ligne. Du fait de leurs compétences, qui façonnent et animent les grands bassins d’emploi. Parce que s’y concentrent certains enjeux (environnement, pauvreté, commerces, logistique, déploiement des nouvelles économies circulaires, sociales et solidaires, etc.), mais aussi parce que ce sont des territoires qui disposent d’une grande créativité, de l’ingénierie, et potentiellement des moyens financiers, pour inventer de nouvelles solutions avec leurs habitants et leurs entreprises.
 
Comment dès lors doivent pivoter les politiques publiques, pour accélérer l’émergence de « nouvelles économies » et la transformation des activités traditionnelles ? Les territoires urbains ont-ils les outils pertinents pour jouer ce rôle ? Le binôme avec les Régions a-t-il trouvé son sens et son efficacité ? Qui sont les entrepreneurs qui façonneront l’économie de demain ? Le développement économique local doit-il pleinement empoigner les sujets d’emploi, de compétence et d’insertion ?