La pandémie COVID 19 et les confinements successifs ont mis à rude épreuve l’état de santé mentale de la population, notamment des plus fragiles (précaires, isolés, personnes âgées, migrants, etc...) et des plus exposés (soignants, aidants, agents publics, métiers de première ligne, caissières, livreurs, etc...). Le mal-logement, le décrochage scolaire et numérique, la consommation d’alcool, de tranquillisants et de stupéfiants, les violences intrafamiliales ont connu une augmentation qui reste à objectiver. L’anxiété générale s’est accrue, face à la peur du virus mais aussi de ses conséquences économiques et sociales vécues ou anticipées.
 
Les centres médico-psychologiques ont connu une recrudescence de consultations, notamment de patients nouveaux. Les territoires les plus en difficulté (quartiers prioritaires, rural isolé en décrochage économique...) ont été les plus touchés. Cette réalité ancienne, exacerbée par la crise, invite à réinterroger la responsabilité directe des territoires dans la construction d’une santé globale qui, comme l’a définit l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), constitue un état de « bien-être physique, mental et social complet » et mobilise l’ensemble de leurs compétences (logement, transport, transition écologique, etc.).
 
Dès lors, quelles actions peuvent être mises en œuvre à droit constant ? Quelle nouvelle organisation sanitaire territoriale construire, pour une approche globale de la santé, à partir de territoires ensembliers et fédérateurs ? Quel rôle pour les élus locaux dans la déclinaison de politiques sanitaires et de prévention transversales, intégrées et ajustées aux besoins et spécificités des populations ?